Tournus, vitrine de la Bourgogne


Dans ce tableau des savoir-faire ancestraux, Tournus a quelque gloire à nourrir. La ville de Saint-Philibert a en effet réuni dans ses murs toutes les conditions pour que l’artisanat d’art se trouve comme en une petite capitale.

Comptant parmi les phares de la vallée de la Saône, Tournus, veillée par les deux tours de son abbatiale, a hébergé dans son histoire de grands chantiers de construction, drainant jusque sur les berges de la rivière tranquille des talents venus de l’Europe entière. La construction de l’abbatiale Saint-Philibert par les moines de Noirmoutier, succédant au premier sanctuaire dédié à saint Valérien, puis les reconstructions qui suivirent pillages et incendies ont conféré à Tournus l’image d’une cité de bâtisseurs plusieurs siècles durant.

Le pays s’y est, il est vrai, toujours prêté de bonne grâce tant la pierre, cet élément indispensable au tutoiement de Dieu et des clochers de ses églises, s’offre ici en abondance et de parfaite qualité, tant dans ses veines blanches que rouges. La tradition des tailleurs de pierre se poursuivra en Tournugeois pendant très longtemps, faisant encore de Tournus une cité lapidaire réputée au XIXe siècle et même bien au-delà. Dès la fin du XVIe siècle, les ateliers de taille étaient nombreux et renommés à Tournus ; ils intervenaient dans de multiples villes, à l'intérieurcomme à l'extérieur du département. Tournus eut logiquement plusieurs sculpteurs célèbres comme Jean Baptiste Deschamps (grand prix de Rome en 1864), Pierre Curillon, Désiré Mathivet ou encore Benoît Rougelet (qui réalisa la statue de Greuze).

Les arts ont toujours fleuri à Tournus. Et l’on osera le jeu de mot avec le cardinal de Fleury, qui dota la cité d’un nouvel hôpital, dont l’apothicairerie et son plafond peint du XVIIIe siècle offrent l’illustration d’un goût tournusien permanent pour le Beau.

Que dire aussi de l’enfant du pays, le très célèbre Jean-Baptiste Greuze, qui disparut il y a deux cents ans et dont une coquette statue perpétue le souvenir sur la place de l’Hôtel- de-Ville ?Le positionnement de Tournus, carrefour d’échanges, a très vraisemblablement favorisé l’émergence d’un talent précoce qui, sans cela, n’aurait jamais été repéré et serait resté lettre morte, privant ainsi les arts français d’un des fleurons du style pré-révolutionnaire.

A ces attaches historiques vient s’ajouter une tradition qui, pour être beaucoup plus contemporaine, n’en justifie pas moins pour autant la localisation du Salon départemental 2009. En effet, c’est en 1998 qu'à l'occasion du Salon des Antiquaires de Tournus, l'Office de Tourisme fit pour la première fois le choix d'organiser, en compagnie d'une dizaine d'artisans d'art et d'artistes locaux, un salon des Métiers d'Art. Dès cette première édition, 3 000 visiteurs avaient salué l'initiative. Et le succès alla croissant d'année en année, donnant ainsi naissance à un rendez-vous devenu incontournable avec le temps.

C’est donc à bon droit que le Salon Régional des Métiers d’Artde Bourgogne du Sud a choisi Tournus pour planter son premier jalon.

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